Publié par : anthonyarmando | 4 février 2008

Santé publique et santé communautaire

“C’est devenu aujourd’hui un grand problème de santé publique !”

Quel journaliste, quel commentateur n’a pas prononcé cette phrase magique, sorte de joker lorsqu’on a rien à dire et dont la signification le dépasse le plus souvent.

Alors mon gaillard, parle-moi de santé publique !

Tu as deux minutes…

La santé publique est une préoccupation qui intéresse les pouvoirs publics au niveau d’un département, d’une région, d’un pays ou à l’échelle mondiale. Elle s’intéresse principalement à l’état de santé d’une population. Pour cela elle identifie les différentes institutions concernées et tente bien évidemment de l’améliorer.

Pour améliorer la santé de la population elle utilise le concept de prévention. La prévention, c’est l’ensemble des mesures qui ont pour but d’éviter ou de réduire la fréquence et la gravité des maladies. Trois niveaux de prévention  (certains en dénombrent quatre) sont définis :

La prévention primaire : elle vise à réduire l’incidence d’une maladie. (incidence = nombre de nouveaux cas dans une population et dans un temps donné). Ses moyens d’action sont la vaccination et la diminution de l’exposition aux facteurs de risque (lutte anti-tabac, campagne sur l’utilisation du préservatif,…)

La prévention secondaire : elle vise à réduire la prévalence d’une maladie. (prévalence : nombre de malades dans une population à un temps donné). Ses moyens d’action sont le dépistage et l’application des thérapeutiques.

La prévention tertiaire : elle vise à réduire la prévalence des handicaps et des séquelles qu’ils engendrent grâce à la rééducation fonctionnelle par exemple.

Chacune de ces préventions prend une place spécifique sur l’histoire de la maladie. Primaire : avant la maladie; Secondaire : pendant la maladie; Tertiaire : suite à la maladie.

Dans cette approche, le rôle de chacun est limité. Le corps médical et les professionnels de santé s’occupent de tout.

C’est pourquoi on a développé la notion de santé communautaire.

Contrairement à la santé publique qui gère administrativement la situation sanitaire d’une population passive, la santé communautaire exige la participation de chacun dans l’amélioration de sa santé.

La santé communautaire utilise pour ce faire la promotion de la santé. Celle-ci vise à ce que chacun acquière les compétences et les moyens de garantir et préserver sa santé. Cela passe par la création d’environnements favorables à la santé, aux développements des aptitudes et des ressources de chacun, et surtout à la prise de conscience des individus dans sa responsabilité et dans son implication dans la maladie.

Aujourd’hui la confiance que chacun accorde dans sa propre gestion (et notamment dans celle de sa santé) est minime. Nous avons tous les moyens de lutter contre la maladie. La part du patient dans la gestion de sa santé est au moins égale à celle du médecin. Sauf qu’elle intervient en aval de la maladie.

Ce principe est également vrai en amont : un patient actif face à l’annonce de sa maladie a une espérance de vie bien plus supérieure que celle de son voisin de chambre d’hôpital complétement déprimé et qui laisse tout tomber.

La santé communautaire, c’est un peu de la prévention primaire appliquée à l’ensemble de la population.

D’un côté une population passive prise en charge par l’administration. De l’autre une population sujette de son propre avenir.


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